Iel n'est pas sorti.e de l'auberge !

Coluche disait :

Ce qui à notre époque, à laquelle Coluche, chanceux, a échappé, se traduirait par « parmi tous.tes ceux.elles qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux.elles qui se taisent ».

Vous n’avez sans doute eu aucun mal à comprendre ces deux phrases, même si vous avez passé plus de temps à déchiffrer la deuxième, pour finalement arriver à la même conclusion: qu’on soit homme ou femme, ou fortement non binaire (ne riez pas), quand on invente quelque chose qui existe déjà, on passe juste pour un c… et comme disait Brassens, le temps ne fait rien à l’affaire, c’est irrémédiable.

La formidable « invention » du petit Robert.e:asterisk: a défrayé la chronique ces derniers jours, il parait que le besoin de remplacer l’expression « il ou elle » par « iel » se faisait impérieux et qu’on n’était à risque de ne plus pouvoir vivre sans ça. :roll_eyes:

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Moi il me semblait que depuis le IXem siècle, début du vieux français, on s’était quand même pas trop mal débrouillé et qu’on arrivait à communiquer et à se comprendre sans « iel ».

Mais le vieux mâle fortement binaire blanc hétérosexuel occidental colonialiste pourri que je suis était dans l’erreur ! Pas par manque de réflexion, non, en cette matière je suis assez bien pourvu, mais par définition !

L’époque où vous étiez ce que vous pensiez et disiez est révolue. Vous êtes ce que les autres pensent de vous. Il faut croire que la mort est la seule échappatoire à l’absurdité de notre époque. Pauvre Victor Hugo !

Il a dû échapper au comité de réflexion du petit Robert, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, deux choses:

  • On n’invente pas ce qui existe déjà
  • Quand on invente on s’assure que l’invention fonctionne

En effet, iel étant donc un nouveau pronom neutre, on va avoir du mal à écrire le français… iel est beau (ou belle peut-être). Je souhaite bien du plaisir à ceux qui voudront s’y essayer. Tout simplement, cela ne fonctionne pas.

Si cette nouveauté est une absurdité, elle n’est pas absurde pour les raisons que vous soupçonnez en moi (si, si, je vous connais). Je ne suis ni attaché à la prééminence grammaticale du masculin dans la langue française, ni encore moins à la prééminence du masculin dans la société, mais quand on décide de changer une brique d’un édifice, on s’assure que le reste de l’édifice tiendra debout…

Je ne suis pas contre une suppression pure et simple du genre des mots dans la langue française, ce qui permettrait au nouvel édifice de rester debout.

En effet, quelle logique y-a-t-il à ce qu’un tabouret soit masculin et une chaise féminin ? Aucune. Certaines langues sont neutres. Mais la langue n’est pas qu’affaire de logique; et il est un peu tard pour la reprendre à zéro. Alors travaillons à consolider l’édifice, et pas à le saper.

Bon calmons nous, l’essentIEL est resté, Remarquez que dans IEL toutes les lettres de IL y sont contrairement à celles de ELLE où elles n’y sont qu’à moitié…

:asterisk: remarquez que « les roberts » désignent curieusement des appendices féminin. Je suis curieux de savoir ce qu’en pense le petit Robert ?

Terminons sur une note humoristique mais pleine de bon sens:

IEL est pour ou contre, ou bien?

  • pour
  • contre
  • chais pas
  • à propos de quoi?
  • y a quoi à la télé ce soir?

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Si même le Président de la République ne sait plus où il en est c’est grave…