Le Grand Cirque Républicain : Quand le Parti Implose (et C’est Pas Beau à Voir)
Bon, accrochez-vous, parce que ce qui se passe à Washington en ce moment, c’est un peu comme regarder quelqu’un essayer de monter un meuble IKEA sans la notice tout en étant poursuivi par des abeilles. C’est chaotique, c’est douloureux, et on sait tous que ça va mal finir, mais impossible de détourner le regard.
Acte I : La Rébellion des 17 (ou comment sauver sa peau électorale)
Imaginez la scène : 17 républicains se réveillent un matin et se disent « Tiens, et si aujourd’hui je votais comme si mes électeurs comptaient vraiment ? » BOOM. Ils sauvent l’Affordable Care Act. Oui, cette même loi que leur parti a passé des ANNÉES à vouloir détruire avec l’acharnement d’un gamin qui démonte un jouet le matin de Noël.
Pourquoi ce revirement spectaculaire ? Eh bien, parce que - et c’est là que ça devient savoureux - leurs électeurs ont BESOIN de cette assurance santé. Genre, vraiment besoin. Et voter contre ça juste avant les élections de mi-mandat, c’est un peu comme se tirer une balle dans le pied tout en sautant d’un avion. Sans parachute. Au-dessus d’un volcan.
La Maison Blanche a évidemment promis de bloquer ça. Parce que pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Acte II : L’Affaire de la Plaque (ou comment un morceau de métal divise une nation)
Attendez, ça devient encore mieux. Vous êtes prêts ? Une PLAQUE COMMÉMORATIVE. Une simple plaque pour honorer les agents qui ont défendu le Capitole le 6 janvier 2021. Ça devrait être simple, non ? HA HA HA. Non.
Le truc est bloqué à la Chambre des représentants, mais le Sénat a dit « OK, on la met ». Résultat ? La plaque sera installée côté Sénat, mais pas côté Chambre. Ce qui signifie que le Capitole a littéralement une mémoire schizophrène. Un côté se souvient, l’autre fait semblant que rien ne s’est passé. C’est comme avoir un couple en instance de divorce qui vit encore sous le même toit et qui se dispute pour savoir quel souvenir de vacances garder au mur.
C’est Tom Tillis - vous savez, ce sénateur qui a décidé que c’était LE moment de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas - qui a poussé pour l’installation. Et tout ça après que la Maison Blanche ait sorti des « affirmations controversées » sur le 6 janvier. (Je mets des guillemets parce que « controversées » ici, c’est un peu comme dire que le Titanic a eu « un petit problème technique avec de la glace ».)
Acte III : Le Venezuela et les Cinq Mousquetaires du Bon Sens
Cinq sénateurs républicains - Lisa Murkowski, Todd Young, Rand Paul, Susan Collins et Josh Hawley - ont eu une idée radicale : et si on lisait la Constitution ? Genre, pour de vrai ?
Ils ont voté pour empêcher le président de partir en guerre au Venezuela tout seul comme un grand, sans demander au Congrès. Parce que, vous savez, il y a cette petite chose appelée « séparation des pouvoirs » dont les Pères Fondateurs parlaient tout le temps. Probablement entre deux verres de rhum, mais quand même.
L’administration a évidemment adoré ça. (Je rigole, ils ont détesté.)
Intermède Musical : Le Danemark, le Groenland, et L’Art de Perdre ses Amis
OK, respirez un coup, parce qu’on arrive à mon passage préféré. Quelqu’un à Washington a eu l’idée GÉNIALE de menacer le Danemark - oui, LE Danemark, membre fondateur de l’OTAN, allié fidèle, producteur de pâtisseries excellentes - pour obtenir le Groenland.
Le Danemark. Qui a perdu 43 soldats en Afghanistan et en Irak pour défendre l’Amérique après le 11 septembre.
Don Bacon, représentant du Nebraska, a résumé la situation avec une élégance toute particulière : c’est « l’une des choses les plus stupides » qu’il ait entendues de la Maison Blanche. Et il a ajouté, avec le désespoir d’un prof qui explique pour la cinquième fois le même truc : « Nous avons une base là-bas. Nous pourrions en avoir cinq si nous voulions. »
Pendant ce temps, Tom Tillis - encore lui, il est en FEU ce gars - a suggéré à Stephen Miller de « se taire ou partir », avant de lâcher cette perle géopolitique : ébranler l’OTAN, c’est « envoyer un signal à Poutine qu’il est en train de gagner ».
Poutine, quelque part dans son palais, mangeant du caviar en slip : « Da, continuez comme ça, c’est parfait. »
Le Diagnostic du Dr. Ventura (Navy Seal et Distributeur de Vérités)
Et là, entre en scène Jesse Ventura. Ancien gouverneur, Navy Seal, vétéran du Vietnam, et absolument PLUS DE PATIENCE.
Ce monsieur a comparé la situation à une « nation du tiers-monde », évoqué « les tactiques des années 1930 en Allemagne » (aïe), et - tenez-vous bien - déclaré que le parti républicain est « un ennemi domestique de notre Constitution ».
C’est le genre de phrase qu’on ne prononce pas à la légère quand on est un vétéran décoré. C’est pas du Twitter-clash du dimanche soir, c’est du sérieux.
Pourquoi Tout Part en Cacahuètes ?
Bon, essayons de comprendre cette magnifique implosion :
Raison n°1 : Les élections approchent
Les élus regardent leurs électeurs et se disent « Mmm, peut-être que suivre aveuglément le parti va me coûter mon job. » Le président lui-même a admis qu’il s’attendait à perdre les mi-mandats. C’est comme un capitaine qui crie « Le bateau coule ! » et qui s’étonne que l’équipage cherche des gilets de sauvetage.
Raison n°2 : La liberté de ceux qui s’en vont
Certains dissidents ne se représentent pas. Ils ont ZÉRO à perdre. C’est leur moment « Je vais ENFIN dire ce que je pense » de fin de carrière. Libérateur.
Raison n°3 : La grande question existentielle
Qu’est-ce qu’être conservateur ? Suivre un leader ou respecter des principes ? Constitution vs. culte de la personnalité ? C’est profond comme question. Ça mériterait un cours de philo, mais personne n’a le temps.
Raison n°4 : La goutte d’eau
Menacer le Danemark, c’était Too Much™. Même les plus loyaux ont craqué. Il y a des limites à tout.
La Morale de Cette Histoire (Spoiler : Il N’y En A Pas)
Voilà où on en est : un parti qui se déchire entre loyauté et principes, une alliance avec le Danemark en miettes, une plaque commémorative à moitié installée, et Jesse Ventura qui traite tout le monde d’ennemis de la Constitution.
Le monde regarde ce spectacle avec le même mélange de fascination et d’horreur qu’on ressent devant un accident de voiture au ralenti. Sauf que cet accident implique la première puissance mondiale et ses alliances stratégiques.
Les élections de mi-mandat vont être… intéressantes. C’est le mot poli. Le mot honnête serait « apocalyptiques », mais restons optimistes.
En attendant, quelqu’un devrait peut-être envoyer un manuel IKEA au Congrès. Ou au moins la notice.