Lula a donc gagné. Une fois de plus. Et le clan Bolsonaro, dont le patriarche purge vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d’État et complot d’assassinat (rien que cela), a une fois de plus perdu.
Il est clair que cette victoire n’a pas l’ampleur d’un triomphe. Il est clair que l’écart est mince, plus mince que ne l’espéraient les uns et ne le redoutaient les autres. Il est clair, enfin, qu’il aurait pu l’être moins encore si le candidat battu n’avait pas bénéficié d’un soutien dont on se demande s’il fut un atout ou un fardeau : celui de Donald Trump, dont la popularité s’effondre aux États-Unis mêmes. Il n’est pas besoin d’être un fin analyste pour constater qu’il y a des amis qui vous veulent du bien et d’autres qui vous plombent.
Ces tentatives d’ingérence, ces démonstrations de maladresse et de bêtise venues d’ailleurs ont paru insupportables à des Brésiliens pourtant acquis, de longue date, à la cause bolsonariste. Je n’y vois pas un détail : il y a là quelque chose de réconfortant qui mérite qu’on s’y arrête. Quelles que soient les fractures d’un peuple, quelles que soient les ferveurs qui le dressent contre lui-même, subsiste presque toujours une fierté nationale qui lui est supérieure, et qui se réveille quand l’étranger prétend lui dicter son destin.
La rançon de l’ingérence est qu’elle sert celui qu’elle voulait abattre.